En 2025, plus de 40 millions de comptes ont été compromis en France, plaçant le pays parmi les plus touchés au monde par les violations de données. Dans le même temps, les fraudes liées aux deepfakes ont bondi de 700 % entre début 2024 et début 2025. L’identité numérique, c’est-à-dire l’ensemble des données personnelles, identifiants et documents qu’on transmet en ligne, est devenue une cible de choix.
Des menaces de plus en plus sophistiquées
Les techniques utilisées par les fraudeurs ont profondément évolué. Les documents synthétiques, générés par intelligence artificielle, progressent de près de 378 % en Europe depuis 2024. Ces faux sont suffisamment convaincants pour tromper des processus de vérification classiques. L’exemple de la DGFiP est parlant : en août 2026, près de 678 000 particuliers et professionnels ont été informés d’une fuite de leurs données, exposés à des risques élevés d’escroquerie. Un message, un SMS ou un appel qui demande des informations confidentielles mérite désormais une vérification attentive, même s’il semble provenir d’un organisme officiel.
Un réflexe simple mais efficace : utiliser un mot de passe différent pour chaque service. Si un identifiant est compromis lors d’une fuite, il ne permet pas automatiquement d’accéder aux autres comptes.
Des outils pour reprendre le contrôle
Face à ces risques, des plateformes spécialisées proposent des réponses concrètes. Youtrust, issue du rebaptême de la société française Yousign (fondée à Caen en 2013, avec plus de 30 000 entreprises clientes), combine plusieurs briques : signature électronique en trois niveaux (simple, avancée et qualifiée), vérification d’identité et de documents via une solution Verify, et cachet électronique pour authentifier les actes au nom d’une organisation. Ces outils peuvent être utilisés séparément ou intégrés dans des processus métiers, y compris via des API.
Le cadre réglementaire européen évolue dans le même sens. Le règlement eIDAS 2.0, adopté en mai 2024, harmonise la reconnaissance juridique des signatures et certifications électroniques dans les 27 États membres. Il pose aussi les bases d’un portefeuille d’identité numérique européen à destination de tous les citoyens. Ces évolutions poussent les organisations à adopter des solutions conformes et hébergeant les données sur des serveurs européens.
La protection de l’identité numérique n’est plus réservée aux grandes entreprises ou aux profils techniques. Chacun peut agir, à son niveau, en adoptant de bonnes habitudes et en s’appuyant sur des outils pensés pour sécuriser les échanges en ligne.


