523 partages Partager Tweet S’abonner Le sari : cinq à neuf mètres de tissu, sans la moindre couture, dans une explosion de couleurs et de broderies. Les Indiennes, tous horizons confondus, l’enfilent avec une aisance qui force l’admiration. Ce vêtement traditionnel, véritable caméléon du vestiaire féminin, s’invite partout : sur les marchés, dans les écoles, au cœur des hôpitaux, jusque dans les commissariats. On croise même des policières en uniforme de sari, malgré les récentes tentatives d’imposer le pantalon-chemise. Agricultrices, enseignantes, femmes politiques ou infirmières, elles l’arborent toutes, sans perdre une once d’élégance.
Femme en sari, style Nivi, la plus populaire en Inde Le sari, de l’histoire ancienne
Le sari traverse les siècles sans jamais s’effacer, capable de se réinventer à chaque époque. Son nom remonte au sanskrit « sattika », mentionné dans les textes anciens comme le vêtement féminin par excellence. Les premières traces du sari remontent à la civilisation de la vallée de l’Indus, entre 2800 et 1800 avant notre ère. À cette époque, trois pièces composaient l’ensemble : l’antriya (jupe façon dothi), l’uttariya (voile pour tête ou épaule) et le stanapatta (bande couvrant la poitrine). Un héritage qui rappelle le lehenga, encore prisé par les jeunes filles, notamment au Rajasthan. Les premiers saris étaient taillés dans le coton, teints avec du curcuma, de l’indigo ou du rouge mander, selon le savoir-faire des tisserands.
Le port du sari varie selon la région, la caste ou même la profession. Certaines le préfèrent sans jupon ni blouse, d’autres dévoilent le nombril ou le dissimulent, le corsage pouvant se fermer devant ou derrière, selon les usages locaux.
Différents styles de drapé sari à Malabar (aujourd’hui Kerala), 1ère décennie du XXe siècle. L’arrivée des Britanniques a marqué un tournant. Sous leur influence, les femmes indiennes ont dû adopter des vêtements plus couvrants, à l’image des Anglaises. Le chemisier couvrant les épaules s’est imposé, surtout dans les villes, et les saris ont alors descendu jusqu’aux chevilles.
Les différents styles de sari
Le sari se décline à l’infini, d’une région à l’autre. Couleurs et tissus ne sont jamais choisis au hasard. Pour son mariage, une jeune femme optera souvent pour un sari rouge en soie, une tradition qui perdure du nord avec la soie de Varanasi au sud avec celle de Kanchipuram. Lors des pèlerinages, les saris de coton rouge ou jaune se font remarquer. Les institutions, quant à elles, imposent leur propre code : écoles, grands magasins, hôpitaux, police ou armée, chacun son uniforme de sari, reconnaissable au premier coup d’œil.
Le lieutenant général porte un sari militaire Les techniques de drapage du sari
Chaque région, chaque communauté, a développé sa façon de draper le sari. Le style Nivi, aujourd’hui le plus répandu, incarne à la fois la tradition et l’héritage colonial britannique. Il se porte sur un jupon, dans lequel on glisse le tissu après l’avoir soigneusement plissé. Le style Nauvari, célèbre dans tout le pays, notamment chez les danseuses lavani et dans le Maharashtra, transforme le sari de neuf mètres en version dothi en le faisant passer entre les jambes et sur l’épaule. Quant au Saree Atpoure, rendu célèbre par le cinéma de Bollywood, il vient du Bengale et possède ses propres codes.
Le sari atpoure, porté dans le style du Bengale Comment porter un sari ?
La manière de porter la robe indienne varie, mais attardons-nous sur le drapé Nivi, le plus populaire aujourd’hui en Inde.
Pour se lancer, il faut réunir quelques éléments : un sari de 5 ou 7 mètres (la longueur classique est 7 mètres, dont deux mètres sont parfois utilisés pour le corsage), un corsage ou blouse, un jupon long et plusieurs épingles de sûreté. Il faudra aussi repérer le palu, cette partie du sari plus travaillée qui tombera sur l’épaule.
1ère étape
Saisissez l’extrémité opposée au pallu, puis rentrez le sari dans le jupon, à droite sur l’avant. Faites le tour du corps, en glissant le tissu au fur et à mesure dans le jupon, jusqu’à revenir au point de départ.
2e étape
Attrapez le pallu, faites-le passer dans votre dos, puis ramenez-le devant. Plissez-le avec soin entre le pouce et l’index, puis déposez-le sur l’épaule gauche. Une épingle de sûreté viendra le maintenir en place.
3e étape
Récupérez le pan du sari situé sur la jupe à gauche, ajustez-le, ramenez-le sur l’avant vers la droite et fixez-le avec une épingle.
4e étape
Les deux pans du sari qui retombent devant sont à plisser comme le pallu. Glissez le tout dans le jupon et sécurisez avec une épingle pour plus de confort.
5e étape
Réglez enfin le pallu selon votre préférence : plié sur l’épaule, le long du bras ou ramené devant et fixé dans le jupon. À vous de trouver le style qui vous correspond.
Le sari, en apparence simple, cache une sophistication qui ne laisse personne indifférent. Une étoffe, des gestes, et tout un pan de culture qui se révèle, prêt à défier le temps et les modes.







