La dernière chose qui fait chaud en matière de tabac, c’est de fumer de la chicha. Cool ? Peut-être en apparence, mais il n’y a pas de fumée sans feu non plus. Fumer de la chicha ou du narguilé est tout aussi dangereux que de fumer des cigarettes. Les effets secondaires sur la santé sont importants : risques de cancer, dépendance… Cela vaut également pour les personnes exposées à la fumée.
Chicha et tabac pour chicha, en bref
Chicha, narguilé ou encore narguileh : derrière ces mots, un même objet, à la fois rituel et social. Le principe ? Un appareil utilisé pour consommer un mélange de tabac et d’autres substances, souvent parfumé et chauffé au charbon. La fumée, aspirée à travers un tuyau flexible, traverse l’eau avant d’atteindre la bouche du fumeur. Longtemps tradition du Moyen-Orient et d’Afrique, la chicha a gagné du terrain en Europe et aux États-Unis depuis les années 1990, surtout chez les adolescents et les jeunes adultes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la tendance ne faiblit pas. À Paris, en 2015, un jeune sur dix avait déjà tenté l’expérience, d’après une étude de l’association Paris sans tabac.
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Côté composition, le tabac à chicha contient entre 25 et 30 % de tabac, combiné à de la mélasse, des arômes fruités, des agents de conservation et d’autres additifs pour obtenir cette texture pâteuse et ces saveurs multiples qui attirent tant les consommateurs. La diversité de parfums disponibles constitue l’un des grands arguments pour les adeptes, friands de nouveautés et de sensations sucrées.
Mais que l’on ne se laisse pas tromper par l’aspect ludique : le taux de goudrons et de nicotine dans le tabac à chicha rivalise sans difficulté avec celui d’une cigarette. Les métaux lourds, chrome, plomb, nickel, notamment, y sont présents en moindres quantités, mais cela ne change rien au risque. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, inhaler la fumée d’un narguilé ne la rend pas moins nocive : les goudrons sont tout aussi cancérigènes que ceux d’une cigarette classique. Pire, la combustion lente propre au narguilé produit davantage de monoxyde de carbone, ce gaz toxique tristement célèbre pour ses effets sur l’organisme.
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En France, la fabrication, la commercialisation et la consommation de tabac à chicha sont encadrées par la loi, au même titre que tout produit du tabac.
Risques sanitaires du narguilé sous-estimés
La réalité est loin des images festives : fumer la chicha expose à des risques pour la santé bien plus élevés qu’on ne le croit. Plusieurs rapports de l’OMS et de chercheurs universitaires vont même jusqu’à affirmer que cette pratique s’avère plus néfaste que la cigarette, notamment en raison de la quantité massive de substances toxiques ingérées en peu de temps. Pour donner une idée frappante : une seule session de chicha équivaut, en termes d’impact sur la santé, à l’inhalation de la fumée de 20 à 30 cigarettes.
Les conséquences ne s’arrêtent pas là. Selon le National Cancer Institute, les risques à long terme concernent les poumons, les lèvres, la vessie, mais aussi l’ensemble du tube digestif supérieur. Les systèmes respiratoire et cardiovasculaire paient eux aussi un lourd tribut. Un autre aspect souvent négligé : le partage du tuyau multiplie le risque de contamination par virus ou bactéries, un phénomène accentué par l’utilisation collective, fréquente dans les bars à chicha ou lors de soirées privées. Enfin, comme pour les cigarettes, dépendance et tabagisme passif menacent aussi les non-fumeurs exposés à la fumée ambiante.
Petit rappel utile : il est impératif de remplacer l’embout du narguilé entre chaque participant. Ne pas le faire, c’est ouvrir la porte à la transmission de maladies telles que l’herpès, l’hépatite ou encore la tuberculose.
La chicha brille peut-être par ses arômes et sa convivialité, mais le jeu n’en vaut pas la chandelle quand on mesure la facture pour la santé. À chacun de décider, mais les risques, eux, ne prennent jamais de pause.


