4.2/ 5 (30 votes hors des sentiers battus) Voyager en Iran, c’est s’aventurer sur des routes que peu de voyageurs osent emprunter. Le pays recèle de merveilles naturelles et culturelles qui échappent encore au radar du tourisme de masse.
Avant de préparer votre sac, quelques repères pratiques vous permettront de profiter pleinement de ce périple et de balayer certains clichés persistants. Pour saisir la beauté authentique de l’Iran, mes vidéos se trouvent en bas de cette page.
QUAND PARTIR EN IRAN
Pour mon vol Paris-Téhéran, j’ai utilisé Skyscanner, ce comparateur qui me sert toujours à faire la chasse aux billets avantageux.
Haute saison
Mieux vaut connaître ces périodes clés avant de bloquer une date :
- Du 20 mars au 5 avril : c’est le pic de l’année en Iran. À éviter : les hébergements sont pris d’assaut, les tarifs aussi.
- Avril, mai, septembre, octobre et novembre : météo généreuse, vallées vertes et chaleur douce, c’est la fenêtre idéale.
Basse saison
- Février et mars : la saison idéale pour voyager sans la foule. Les températures sont douces, les prix se font plus légers.
- Juin, juillet, août : chaleur étouffante dans presque tout le pays. Beaucoup la jugent difficile à supporter.
Personnellement, j’ai opté pour la deuxième moitié de février : tranquillité assurée, tarifs imbattables, l’Iran presque pour soi.
AVANT DE PARTIR EN IRAN
L’Iran reste sous un régime politique verrouillé : mieux vaut partir informé et bien préparé.
VISA
Impossible d’entrer sans visa, et le coût n’est pas négligeable : 75 € pour un séjour d’un mois. Bon point tout de même, on vous le délivre à l’aéroport. Préparez le paiement en euros, et quelques photos d’identité (même si on ne m’en a pas demandé, mieux vaut assurer ses arrières).
À savoir : un cachet « Iran » sur votre passeport impose une demande de visa classique pour les États-Unis (finie l’ESTA). Solution si besoin : faire refaire son passeport avant de voyager.
ASSURANCE
L’assurance voyage est exigée. Il y en a une proposée à l’arrivée pour environ 17 €, mais elle couvre le strict minimum. De mon côté, je me tourne toujours vers Chapka Assurance. Pour les courts séjours, Kinousassure commercialise une formule taillée pour les vacances express.
Attention : il faut imprimer l’attestation d’assurance en anglais absolument. Demandez-la simplement à votre assureur par mail avant de partir. À l’arrivée, le document numérique sur téléphone ne suffit pas.
ARGENT
Impossible d’utiliser ni Visa ni Mastercard en Iran : aucune banque étrangère n’est reliée au système local. Prévoyez donc de tout emporter en espèces, puis faites le change sur place. Les bureaux de change sont courants, c’est très facile.
Astuce : n’attendez pas la dernière minute pour retirer tout votre budget. Si votre carte bancaire approche du plafond, vous pourriez bien vous retrouver bloqué. Anticipez et répartissez les retraits sur plusieurs jours, c’est plus sûr.
Changer son argent
Les taux sont plus attractifs dans les bureaux de change et même dans la rue (pratique et fiable), tandis que les banques proposent des conditions nettement moins favorables. À l’aéroport, limitez-vous à la somme nécessaire pour rejoindre votre hébergement.
Taux de change observés
- À l’aéroport : 1 € = 32 000 rials
- Dans la rue : 1 € = 37 000 rials
- Bureaux de change : 1 € = 40 000 rials
COMMUNIQUER AVEC LES IRANIENS
On trouve presque partout quelqu’un qui comprend quelques bases d’anglais, particulièrement chez les jeunes ou les professionnels du tourisme, même loin des villes.
Prendre un petit guide de conversation anglais-farsi est une aide précieuse : il suffit de montrer la phrase traduite. Malheureusement, pas d’équivalent français-farsi disponible.
L’application Google Translate rend bien service aussi. Vous pouvez y télécharger l’anglais-farsi pour l’utiliser en mode hors connexion, ce qui permet de décoder ou d’écrire à tout moment, sans dépendre du wifi.
RÈGLES ET USAGES À CONNAÎTRE
Pour les femmes
Le port du foulard s’impose dès qu’on franchit le seuil de la maison. Cela dit, beaucoup de femmes le portent de manière relâchée, parfois une mèche de cheveux à l’air : ce petit écart se retrouve à peu près partout.
Celles et ceux qui cherchent des conseils spécifiques pour un séjour féminin trouveront toutes les réponses utiles dans le témoignage de blogueuses voyage habituées du pays.
Pour les hommes
Short et bermuda restent interdits, même en été. Un tee-shirt passe, mais évitez-le dans les endroits très fréquentés, question de discrétion.
QUELQUES MOTS DE FARSI UTILES
Maitriser quelques expressions en persan attire la sympathie et facilite l’accueil. Voici l’essentiel pour entrer en contact :
- Bonjour : Salam
- Comment ça va ? : Hali chouma ?
- Je vais bien : Hroubam
- Oui : Aré (le « R » se prononce roulé)
- Non : Na
- Merci : motechakeram
- De rien : hra hrèch miconam
- C’est bon : hrube
- C’est parfait : Ali
- Allons-y : Bezan Berim
Avec ce lexique et un soupçon de gestuelle, j’ai tenu des conversations entières dans des bazars, parfois plusieurs heures d’affilée, simplement armé de ma patience et d’un sourire.
SE LOGER EN IRAN
Réserver son hébergement d’avance ? Impossible depuis la France sur les plateformes classiques, elles ne référencent pas d’adresses iraniennes. La solution la plus efficace consiste à chercher directement sur place. Couchsurfing et Homestay sont monnaie courante, parfaits pour partager la vie quotidienne d’une famille locale.
L’Iran ne manque pas de possibilités d’accueil, la plupart du temps motivées par l’envie d’ouvrir les portes de leur univers aux voyageurs étrangers.
Dans mon cas, j’ai surtout opté pour l’hébergement chez l’habitant, maisons d’hôtes et guesthouses à 10 € la nuit, mais aussi pour de petits hôtels autour de 30 € la chambre.
GUIDE LOCAL
Entrer en contact avec un guide local se fait très simplement, WhatsApp étant omniprésent dans le secteur touristique. Lors de mes déplacements, j’ai pu obtenir les coordonnées utiles en discutant avec d’autres voyageurs déjà sur place.
ACCÈS INTERNET
En Iran, beaucoup de réseaux sociaux ou plateformes vidéos restent inaccessibles sans VPN. Installer une application VPN sur votre téléphone permet de naviguer librement. Si besoin, il existe des tutoriels simples pour Android et iPhone afin de contourner ces restrictions.
Autre option : acheter une carte SIM locale pour rester connecté sans compter sur le wifi. Iran Cell propose une 3G fiable, à des prix défiant toute concurrence :
- Carte SIM : 2 à 3 €
- Recharge 2 Go/semaine : 3 €
PENDANT VOTRE SÉJOUR EN IRAN
SÉCURITÉ : L’IRAN EST-IL UN PAYS RISQUÉ ?
La réalité : non, l’Iran n’est pas dangereux. À titre personnel, je m’y suis senti bien plus en sécurité qu’ailleurs. L’accueil est exceptionnel, l’honnêteté remarquable dans les échanges avec les visiteurs, un peu comme ce que j’ai pu ressentir en Jordanie. La petite délinquance y est quasi inexistante.
Il est utile de distinguer entre la situation politique à l’échelle nationale et ce qui se passe dans la vie quotidienne : comme visiteur, on se retrouve dans une bulle protectrice. Sur ce volet, l’Iran réserve souvent des surprises positives.
CIRCULER EN IRAN
Au niveau national
Bus : Le réseau couvre tout le pays et relie même les localités isolées. C’est simple d’utilisation et abordable.
Train : Bonne alternative, à réserver à l’avance sous peine de voir tous les billets vendus, acheté sur place, il est souvent trop tard.
Stop : L’auto-stop marche bien. Premier essai : voiture qui s’arrête aussitôt, invitation à partager le thé et même trois jours sous leur toit. Quelques conducteurs demandent parfois une modeste participation, mais c’est surtout la meilleure façon de se rapprocher du quotidien local.
En ville
Taxi : Les courses coûtent peu, et les chauffeurs connaissent de bonnes adresses pour dormir ou manger. En moyenne : 2 à 4 € la course. Toujours convenir du prix à l’avance.
Métro : Téhéran dispose de 4 lignes de métro. Pratique pour éviter les embouteillages, et plutôt fiable au regard des standards européens.
BUDGET POUR UN SÉJOUR EN IRAN
Ville moderne, coût de la vie abordable (sans toutefois rivaliser avec l’Asie du Sud-Est), l’Iran permet de voyager sans se ruiner. Voici quelques indicateurs glanés lors de mon périple de février, période de basse saison où les prix fondent souvent de moitié :
- Billet d’avion aller-retour : 250 € (réservé dix jours avant le départ)
- Vol intérieur Téhéran-Yazd : 80 € (réservation la veille)
- Total dépensé sur deux semaines : 700 €
Quelques exemples précis pour comprendre le budget quotidien :
- Nuits passées en petits hôtels, chez l’habitant ou en maison d’hôtes
- Transports en bus, en taxi, et parfois en stop
- Excursions : une journée de visite autour de Yazd en voiture privatisée, trois jours en 4×4 dans le désert de Shahdad Kalut, deux jours dans le désert de Maranjab
Côté tarifs en 2024, voici une fourchette éclairante :
- Nuit d’hôtel : entre 30 et 50 €
- Guesthouse : environ 10 € par nuit et par personne
- Course de taxi : 3 €
- Repas : 2 € dans une cantine, 8 € dans un restaurant moyen (voire chic localement)
- Trajet de 3 heures en bus : 4 €
- Essence : 0,25 € le litre (l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole)
- Excursion : 10 à 20 € par personne pour une journée
VOYAGER EN IRAN : LE BILAN
Organiser son voyage demande un peu d’anticipation, mais tout s’enchaîne très simplement une fois sur place : transports, hébergements, repas, chaque étape fait oublier les barrières administratives.
Découvrir ce pays aujourd’hui, c’est saisir la chance d’approcher une culture riche et hospitalière, encore largement préservée du tourisme de masse. Qui sait combien de temps l’Iran gardera cette authenticité ? Mes vidéos tournées sur place attendent en bas de page.


